Sourires d’un jour

Que de sourires me réserva la journée de mercredi, sans doute follement inspirée par le  printemps
!
 
A commencer par …
 
 
l’histoire d’un pissenlit qui rêva de devenir
« une anémone de mer » !
 
C’est l’histoire d’un pissenlit rêveur
qui jamais ne put oublier
ce grand vent tapageur
aux divines senteurs de sel
qui, tout près de son berceau,
venait y soulever la terre.
Son souffle l’emmenait alors
vers des îles lointaines
peuplée de coraux d’or
et d’incroyables murènes…
Et plus d’une fois il eut envie
d’appeler ce vent,
pour le serrer 
pour le garder …
Il lui aurait raconté
comment voguent les pagodes
et scintillent les doux lagons bleus
Ou peut être aussi
lui aurait-il murmuré
l’histoire de la petite sirène !
Mais ce vent là ne savait que conter
l’infernal flux des tempêtes
et l’âme attristée
des bateaux échoués …
Et jamais non plus il n’entendit
la moindre voix d’enfant
s’approchant de son lit
pour en chuchoter quelques mots ….
Alors, petit pissenlit se promit
de grandir en rêvant de la mer !
Et c’est ainsi que, jour après jour,
il guetta le cri des mouettes,
le joli pas des aigrettes,
et qu’il comprit de cet univers
toute l’infime poésie !
Alors, une à une ses pétales
délicieusement nourries
par les rimes de son coeur
prirent avec stupeur
l’audace des vagues,
 la fluidité des algues,
et se mirent à épouser l’air
avec la même splendide silhouette
qu’une anémone de mer !
 
Puis, un oiseau vint se poser sur le rebord intérieur des fenêtres de notre cuisine véranda.
Quand Patrick s’en approcha pour le recueillir entre ses mains, il ne témoigna pas la moindre crainte et, son petit
coeur enfermé dans la paume de sa main, à aucun moment ne se mit à battre la chamade !
 
 

 Il ne le prit que pour le laisser s’envoler ensuite …
Et j’ai eu envie de penser que Prévert, oui rien que lui (!), nous avait envoyé l’oiseau de son poème après en avoir
achevé le portrait !
 
 Mais, d’où peut bien naître une idée aussi farfelue, vous demandez vous ?
Et je suis entièrement d’accord avec vous , figurez vous !
Eh bien, tout simplement …
« d’un poème »
Et, c’est encore une autre histoire à raconter !  Alors que je me trouvais l’autre jour sur le blog de poésie
de mon amie « Evajoe » (créatrice technique  et membre actif de mon « blog assistance » à ses tout débuts !), je suis tombée littéralement sous le charme d’une de ses compositions
intitulées « Des roses pour un amour »…Oui, l’histoire de ce peintre qui emprunta les fleurs de son tableau pour les offrir à sa dulcinée me fit palpiter l’imagination et la plume
!
Alors, sur le modèle de mon poète et poème fétiches  « Pour peindre le portrait d’un oiseau » de Prévert, je
lui ai créé ces quelques vers en guise de réponse et de commentaire …
        j’ai le plaisir de vous le livrer ici aujourd’hui
!
 
                 Pour faire le portrait d’une rose
                                                               
Pour faire le portrait d’une rose
peindre d’abord une poétesse
avec un coeur amoureux
quelque chose d’humble mais très beau
quelque chose ne reflétant que la grâce
au point d’en devenir fragile
mais jamais fugace
jamais futile
une âme aux couleurs d’aquarelle
pour elle.
Placer ensuite cette poétesse
tout contre notre coeur
sur le coin d’herbe le plus tendre
de notre jardin intérieur
puis attendre
et se blottir derrière ses mots
sans gémir
sans rien espérer aussitôt …
Parfois elle s’inspire vite
mais elle peut aussi mettre quelques rimes
avant de nous émerveiller à nouveau
Ne jamais se lasser
ne jamais la délaisser
attendre
attendre jusqu’à la naissance
de ses plus délicieux assauts
la vitesse ou la lenteur de ses mots
n’ayant aucun rapport
avec l’éclosion de la rose
Quand sa plume se délivre
si elle se délivre
déployer toutes grandes nos ailes
elle enlèvera alors
une à une les ronces de nos douleurs
en ayant soin de ne toucher
aucune pétale de notre bonheur
Et c’est ainsi qu’en la lisant
nous pourrons faire
le portrait de son coeur.
 
A bientôt…
pour d’autres rimes du bonheur ! 
 
 

6 réflexions sur « Sourires d’un jour »

  1. EvaJoe Des mots – 19 Mar. Ah c’est super ce poème, tu vois que tu as trouvé les mots pour le dire ..Je n’en ai jamais doutée, et ce pissenlit qui devient anémone c’est grandiose.

    Bisous d’ EvaJoe

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  2. pèlerins fous – 20 Mar. Merci à vous deux, respectivement « p’tit frère » et « soeur » des mots ….c’est aussi par votre amour que mes mots avancent avec allégresse sur le chemin des poètes !

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  3. Nanie Nanie – 26 Mar. ah comme c’est bon comme c’est beau merci Sabine pour toute cette poésie que de mots à lire aujourd’hui mais tu ne t’arrêtes plus ! bravo pour cette belle photo de pissenlits
    le jaune et le vert ressortent de façon magique ! le printemps t’inspire ! bravo ! et ce petit oiseau qu’il est mignon comme j’aurais aimer le tenir aussi et sentir son petit coeur battre au creux
    de ma main cela devait être très émouvant et pour les deux !

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  4. pèlerins fous – 27 Mar. Et merci aussi à vous, Nanie et Nicole ! Vous qui évoquez toutes les deux « la beauté » que vous inspire ma poésie et c’est pour moi pur cadeau …Que cette beauté puisse se
    graver dans vos rêves et ressurgir à chaque fois que vous aurez besoin ! Le petit oiseau, quant à lui, vient souvent nous voir. Disons que, parmi notre colonie d’oiseaux, c’est lui qui s’approche
    le plus près de nous ; il se pose sur la colonne en pierre de la terrasse et nous regarde …on a l’impression qu’il nous dit « vous m’avez vu ? Surtout, ne m’oubliez pas !!! »

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