Feu dans l’oh ….

 

Ne plus reconnaître ce qu’on a aimé, craindre un instant qu’on n’ y éprouvera plus rien, n’y verra plus de miracles, n’y cueillera plus de cadeaux ….

Voilà ce que je ressentis, l’espace d’un pleur fugitif, en retrouvant mon « Bruant » sauvage, mon ruisseau, entièrement défriché, un dimanche de novembre …

Mais, MAIS ….

 

———————–

 

 

Il y avait si longtemps

que je n’avais plus haie-fleur-haie

de la plante de mes pieds

tes sentes ramifiées de mots rebelles,

et deviner,

de mon oreille, tout contre,

à ton bois,

le souffle de ton chant animal …

Je ne retrouve plus

nos liens et tes lianes,

ni tes rires

dans les herbes folles  …

Je ne mêle plus mes doigts

 dans les boucles de tes broussailles …

Mais qu’a-t-on fait de toi ?

Otés

les cils de tes paupières,

la mousse sur tes genoux

et l’empreinte du fruit sur tes joues …

Déchirés ces mots,

tels les chiffons de l’enfance

dans une malle à regrets,

éparpillés

 en petits bouts de carnets

que je piétine à présent

sous les charbons du soleil !

 

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Mais la vocation de cet automne

et ma foi en ta noblesse

ont extirpé de ton coeur malade

la flèche du chasseur de beauté,

 

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semant dans tes sillons

d’autres chemins de légende !

 

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Et parce qu’aucun arbre

ne voulut oublier

cette poésie de l’or du temps,

l’automne doucement a gratté

la vieille porte des cieux

jusqu’à sa couleur première,

mettant toute monotonie à naître

à feu et à vent ! 

 

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Billes ou graines de bonbons

venues d’autres horizons

peuplés d’arcs-en-miel

et d’étoiles menthe …

Tout existe

dans l’oeil gamin de mon ruisseau !

 

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Et l’émoi tout entier

vient se blottir amoureusement

dans le duvet des heures

où danse l’instant

sur des notes d’oiseaux,

 

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…et en jupon de fée !

 

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Feuille,

feuille de pas-prié

où l’air écrit son âme

inspirée des silences de la forêt …

 

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Là où le soleil dessine

entre deux ombres

le visage d’ange d’une fleur …

 

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Dans ma tête alors,

je me mis à marcher sans bâton,

ne m’appuyant que sur mes rêves …

 

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Tisonnier superbe

fera crépiter l’oh !

 

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Et dans ces flammes végétales,

je m’abreuverai de grâce et de vie …

 

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Puis, au loin, à la traîne de mon ruisseau, je vis le château …

Il resplendissait comme jamais il n’avait resplendi , plongé dans les draps du soleil entre deux murmures de lune …

Mais, espièglerie du temps ou circonstance voulue, la batterie de mon appareil photo ne voulut pas faire un pas de plus,

comme s’il ne pouvait y avoir que l’eau,

et ce feu dans l’oh !

J’ai continué à marcher, aux côtés de la lune, mes yeux encore tout trempés de soleil, la cime des arbres me rappelant farouchement les toits des temples hindous …

 

Et la lune, se penchant vers mon amertume, me dit :

 » Ton château s’est endormi, il te faudra revenir … »

 

(Sabine)

 

 

 

31 réflexions sur « Feu dans l’oh …. »

  1. On ne peut qu’apprécier en se laissant porter au gré de ta marche dans cet univers végétal !
    Tu sais le remplir de trésors qu’on ne saurait voir sans tes yeux perspicaces.
    Merci pour cette balade bien poétique.
    Bisous et à bientôt.

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  2. Bonjour ma Sabine,

    Quelle belle balade j’ai fait avec tes mots friandises ! Parcourant les chemins de légende que tu as parcouru en suivant « Ton Bruant » qui est nôtre désormais tant tu sais si bien nous le conter.

    J’ai savouré les arcs-en-miel et les étoiles menthe tout en admirant les vues qui rythment chacun de tes pas. surtout celle-là où tu nous parles de son oeil gamin à ton ruisseau. Cette photo et bien elle me coupe le souffle tant je trouve qu’elle inspire mon regard à écrire un texte pour l’enjoliver encore.

    Un jupon de fête qui ravirait bien des demoiselles qui aiment se déguiser, sous ta plume les mots dansent une fête.
    S ‘appuyer sur un bâton de rêves comme l’image est belle quand je t’imagine. Je pourrais t’accompagner si il devenait réalité…
    Et comme chez toi rien ne s’achève, que les mots se bousculent pour venir nous caresser, je sais que bientôt tu retourneras voir le ruisseau et que le château te taquinera son tour, mais ce que tu nous en diras n’est pas encore écrit ce jour.

    Merci ma Sabine ce fut comme toujours un régal mais là ce fut magnifique, grandiose! Merci de me , nous faire rêver.

    Gros bisous d’EvaJoe

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  3. Bonjour Sabine,
    Je suis charmée par tes mots et que dire des photos, je les trouve très belles et inspirantes pour la rêverie en suivant le rythme de tes pas jusqu’au château imaginé. Grosses bises Sabine

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  4. Un bonheur est celui de pouvoir cheminer
    à tes côtés
    en longeant ton merveilleux ruisseau.
    Tu sais nous faire découvrir
    photos et mots à l’appui,
    la beauté de cet endroit..
    qui est aussi beau à l’envers!
    Merci chère Sabine de nous ouvrir les yeux sur le réel
    Avec amitiés…
    je t’embrasse

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  5. Beaucoup a déjà été dit… alors, qu’ajouter que tu ne saches déjà ?
    J’ai adoré cette promenade en mots et en images.
    Merci, Sabine.
    Passe une douce journée.

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  6. Tes mots et la musique, je te vois fée au bord de ce ruisseau, puis, merci d’avoir laissé la porte ouverte de ton château, j’y entre à pas de loup , doucement, doucement….et je tourne avec toi pour une danse frénétique….

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  7. Quel merveilleux moment, je viens de vivre en ton aimable compagnie Sabine ! En un éclair, tu me ramènes au ruisseau et à la rivière de mon enfance ! Bonne et douce poursuite de ce vendredi à toi et belle fin de semaine !
    Bisous♥

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  8. Il y a de la beauté rêve dans tes mots ,et les photos sont des complices….Tu es comme l’écrivait le poète John Clare : » Un esprit voyageur qui franchissait l’espace De la terre et du ciel comme une idée sublime… » « Dis-moi douce enfant veux-tu vivre Pour unir les vivants aux morts Alors viens nous sommes mariés A une même éternité. »
    Je t’embrasse chère Sabine et ouvre-moi les portes de ton Château…..veux-tu ?

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  9. Un pas puis un autre,
    Un mot puis un autre,
    Un chant,
    Un reflet,
    Un petit rien,
    Un souvenir,
    Une lumière,
    Un vol,
    Un clapotis…
    Et l’on marche
    Le nez en l’air,
    Les yeux
    Sur tes images…
    Et on rêve
    Et on vit
    Tout simplement
    Dans un bout d’éternité
    Un brin de beauté pure…

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  10. Serais-tu devenue chamane , Sabine , pour glisser au coeur de la nature en compagnie de ce ruisseau de lumière, être vivant et conscient, dont « l’oeil de gamin contient des graines de bonbons venues d’autres horizons, peuplés d’arcs-en -miel et d’étoiles menthe » ? Il faut avoir un coeur de magicienne pour te suivre dans ce merveilleux voyage jusqu’à ce château de légende invisible !
    Merci pour tant de beautés
    Je t’embrasse
    Blanche

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  11. Superbes les sentes de tes mots ciselés à l’or fin… j’ai frôlé l’ange le long de tes rêves de feu et d’oh ! et bu la légèreté et la vie dans les alèses illuminées du Dieu Rà inondé entre deux chants de lune !
    Quel en-chant-aimant !
    J’ai dansé avec toi Sabine, marché douce-aimant en suivant tes pas, emprunté ton univers, ton rythme, j’ai respiré ton Bruant, écoutant distraitement les chants d’outre-temps offerts si généreusement… et j’ai tapé enfin, à la porte du ciel, écouté « l’oeil gamin » où vit l’instant « en jupon de fée »
    Mère-veilleuse fée pour un voyage sublissime !
    Je t’en brasse encor’ fleurie.
    Den

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  12. Je t’ai suivie … en te lisant, sans doute tu as du t’en apercevoir….
    J’ai aimé tes photos et tes rimes…
    On reviendra pour le château ….Ce sera l’occasion de refaire une promenade….dans ta poésie
    Bon et doux DIMANCHE Sabine
    Bisous
    timilo

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  13. Bonsoir Sabine,

    Tu nous offres une belle balade au coeur de la nature et je ressens cette belle communion de tes pensées m’étreindre le temps d’une lecture. Les mots dont j’aime la teinte magique vont et viennent au gré de ton inspiration et je trouve le chemin qu’ils peuvent emprunter empli d’amour, d’allégresse et de lumière divine. Les photos sont intenses de vie. Je t’embrasse bien fort et te souhaite une douce nuit.

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  14. Bonjour Sabine,

    Le risque des inondations pousse à nettoyer les berges, souvent avec brutalité. On ne reconnaît plus rien. le charme d’un léger laisser-aller disparaît. Si la sécurité y gagne , le poète et le peintre y perdent.
    des mots ronds et colorés qui nous prennent par la main et nous emportent dans leur jolie danse.
    Merci Sabine
    Bises
    😉

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  15. Coucou Douce Pèlerine des Coeurs !!! Sourire
    Je viens me balader dans ton Automne… Au travers de tes mots, je jette mes maux à l’eau… Oh, ton Bruant me murmure en écho, qu’ici, je vais pouvoir enfin tendrement ressentir « le chaud » malgré les herbes folles éradiqués tantôt… Oui, il a raison… tes photos m’ont bel et bien prodigué une douce Chaleur qui a merveilleusement irradié le creux de mon coeur…………. Sourire Tendresse XXL
    Merci Douce & Précieuse Sabîne… Tes phrases sont toujours belles et naturellement « énergisantes » pour affronter vaillamment les frimas de l’Hiver, qui quelques fois, est bien plus « rude » que « d’autres… Soupir/Sourire
    Prends grand soin de Toi… Douces Pensées Aux Tiens… Immense Sourire
    Mille millions de tonnes de très tendres Bisoudoux
    ***Tincky***

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  16. Bonjour Sabine,
    J’ai vécu avec émotion ce moment que tu nous fais partager avec ton ruisseau, et une image m’est revenue : cette du chemin de mon enfance, « mon » chemin, un chemin qui partait du village et menait aux champs. Il m’en a appris des choses ! Je vais de temps en temps lui rendre visite, mais il a tellement changé ! Il faut que lui et moi remontions dans nos souvenirs pour que la magie opère…
    Gros bisous de nous deux
    Alain

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  17. Bonjour Sabine,

    Je viens de le relire avec un immense plaisir. Une poésie qui nous transporte vers un ailleurs de vagabondages bienfaisants
    Merci pour tout cela Sabine
    gros bisous de bonne journée

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