L’arbre du bonheur

Quand je reçois ton appel, arbre du bonheur, mes pieds se dénudent alors à la hâte,
et s’en vont l’humeur sautillante, la tête jouant déjà à saute-mouton avec les nuages,
agiles, heureux, bourrés d’envie et plus légers que le vent… Est-ce de cette façon que vibre le coeur des
oiseaux…peut être ?  Et, est-ce ce même plaisir exalté qui anime les enfants lorsqu’ils partent, pupilles aux airs fugueurs, gambader dans les prés ? Alors, si
oui…c’est toujours avec le coeur d’un oiseau et l’âme d’une enfant que je cours vers toi…retrouver le bonheur !
 
             Bel arbre de sérénité tu es
devenu…
                         
« Arbre à paroles »
 
 
 
Comme le baobab en Afrique, j’ai fait de toi notre « arbre à paroles » !
 
C’est là que le petit nid familial , bercé par notre incroyable faune, écoute les histoires que j’aime à lui conter.
Très souvent, mon vieux copain Paulo (Coelho de son nom) m’accompagne, me tenant allégrement par le bras.
Et d’ailleurs, sûrement pour lui faire honneur, la 1ère histoire que je lus est extraite d’un de ses livres intitulé
« Comme le fleuve qui coule », recueil de chroniques. C’est avec le même indicible plaisir que je vous la raconte aujourd’hui :
 
                             
L’histoire du crayon
Le petit garçon regardait son grand père écrire une lettre. A un certain moment, il demanda :
« Tu écris une histoire qui nous est arrivée ? Est-ce par hasard une histoire sur moi ? »
Le grand père cessa d’écrire, sourit, et déclara à son petit-fils :
« J’écris sur toi, c’est vrai. Mais plus important que les mots est le crayon que j’utilise. J’aimerais que tu sois
comme lui quand tu seras grand ».
Intrigué, le gamin regarda le crayon, et il ne vit rien de particulier.
« Mais il est pareil à tous les crayons que j’ai vus dans ma vie !
– Tout dépend de la façon dont tu regardes les choses. Il y a en lui cinq qualités qui feront de toi, si tu parviens
à les garder, une personne en paix avec le monde.
« Première qualité : tu peux faire de grandes choses, mais tu ne dois jamais oublier qu’il existe une Main qui guide
tes pas. Cette main, nous l’appelons Dieu, et il doit toujours te conduire vers Sa volonté.
« Dexième qualité : de temps à autre je dois cesser d’écrire et utiliser le taille-crayon. Le crayon souffre un peu,
mais à la fin il est mieux aiguisé. Par conséquent, sache supporter certaines douleurs, car elles feront de toi une meilleure personne.
« Troisième qualité : le crayon nous permet toujours d’utiliser une gomme pour effacer nos erreurs. Comprends que
corriger une chose que nous avons faite n’est pas nécessairement un mal, mais que c’est important pour nous maintenir sur le chemin de la justice.
« Quatrième qualité : ce qui compte vraiment dans le crayon, ce n’est pas le bois ou sa forme extérieure, mais le
graphite qui se trouve à l’intérieur. Par conséquent, prends toujours soin de ce qui se passe en toi.
« Enfin, la cinquième qualité du crayon : il laisse toujours une marque. De même, sache que tout ce que tu feras dans
la vie laissera des traces, et efforce-toi d’être conscient de tous tes actes ».
 
 
Parfois aussi, je reste immobile sous tes branches et j’attends …
                           
une visite impromptue !
 
 
 
 
  De là, j’ai observé avec le plus grand des émois il y a quelques jours …un merle, une tourterelle  et
même …
 

                                                                                                     
le soleil !
 
Mais je rêve en secret de pouvoir plonger un jour mon regard dans celui d’un …rapace
!
                            CHUT !
               A une prochaine
histoire ou
                      une
prochaine rencontre Note
 
 
 

Se sentir libre

Je n’avais pas prévu aujourd’hui de composer ce billet, mais je me sens à ce point « libre » que j’ai envie de le
dire, de l’écrire …
                      libre d’avoir touché la terre dans son coeur et ses racines, de l’avoir délivrée d’un fouillis végétal tenace et
disgrâcieux, lacéré entre innombrables filaments de ronces …je me sens aussi libre que ce coeur qui, à présent, respire et n’a plus le regard effarouché d’une jungle
!
                      Oh!
combien
 libre, mon ange…et qu’est-ce qu’elle sentait bon cette terre ! Je raffolerai toujours de son odeur, à la fois fraîche et suave
comme celle des tonneaux ; et comme il m’aurait plu d’être sommelière ou paysanne ! Et, tout en malaxant la terre, en l’empoignant même souvent, j’ai fait ainsi des tas de rêves, dont je
t’ai fait part, pensant avec exubérance ou vivant le silence à plein poumon !
 
                  Tout est à
présent de nouveau si beau, si enjoué et si avide de liberté…
                 comme ce tapis
scintillant de pétales échappées furtivement du pommier,
             la terre qui se fraye des
passages secrets entre les sillons de mes mains,
    cette jolie petite frimousse de chaise au parfum exotique qui joue avec le
vent,         
                                  
ou ce romarin aux rêves un peu fous
                            
qui ne cesse de tendre les bras vers les nuages !
 
 
 

 

 

              Je me sens si
libre
                  de
pouvoir tant t’aimer !
 
 
                
A Yoann : « Enfant de la terre et du vent »  
 
 

Une route en forme de coeur

Samedi 18 avril : 1er jour des vacances et sans
doute …
le plus beau Soleil !
  
J’ai fait hier un magnifique chemin pascal, un chemin qui m’a réconcilié avec une déchirure en forme de « route » et
de « virage » , une plaie grande ouverte aux poussières du temps !
Je sais à présent que cet endroit, tout imprégné de ta lumière, cet endroit que je ne pouvais effleurer sans les
cris de la douleur, m’imprégnera désormais de la même paix que sur les bords de la Sumène ou sous les branches de mon vieil arbre centenaire, sans doute parce que de là …….tu nous regardes et
nous souris un peu plus fort !
  
Il n’est pas loin de 10 heures,
sur la route de Foulayronnes près d’Agen, en ce 1er
samedi
des vacances de Pâques 2009… quand tu fis ressusciter mon coeur de l’épouvante
  
 

Nous avons repris cette route pour y déposer des fleurs et te rendre hommage, à l’approche de ton
anniversaire…mais, dans mon for intérieur, j’imaginais revenir à pas de géants l’effroi, les sanglots, la révolte, la paralysie, l’horreur.
Devant ton esquisse encore dessinée sur la route, mon compagnon dût m’amener lentement par la main mais, tout à
coup, parvenue devant les 1ères fleurs déposées en octobre, il se passa en mon être quelque chose d’étrange, d’extraordinairement léger et bienfaisant …comme les herbes embaument après une
pluie sauvage, comme l’enfant juste né vient poser sa chaleur sur un ventre apaisé…
et je me suis alors sentie si bien, comme baignant dans un sourire cristallin !
Il n’y a dans tout cela ni miracle, ni magie mais simplement une présence : ta présence
!
 
Puis, notre recueillement fut ponctué d’échos limpides de chants d’oiseaux  provenant des arbres
derrière en fond de paysage, et j’ai remarqué aussi que c’était à cet endroit de la route qu’ils étaient les plus nombreux …
 
Au fur et à mesure que nous nous éloignâmes de la couronne de fleurs fraîchement déposée, je me disais que
j’étais heureuse d’être venue, et d’avoir choisi ces 2 magnifiques coeurs qui nous parlèrent aussitôt…et, juste avant de repartir pour de bon, j’ai réalisé soudainement ceci
que le rouge était la couleur préférée de Gwendoline et l’orange celle de Lola !
Alors, les plus belles choses ne se concevraient-elles pas parfois dans la plus immense innocence ?
        Ou était-ce ton souhait le plus ardent d’arborer la couleur de leur
coeur ?
 
 
Nous te laissons , comme en plein coeur d’une « poésie tahitienne « …de celle qui constitua ton dernier voyage
ici bas et t’immergea de tant de bonheur …
                                                                   
A Bientôt mon ange Coeur rouge
 
A 1 km de là environ, bordant l’autre côté de la route, j’ai eu envie d’aller m’emplir
de la Garonne…
 
 pour le charme de
son paysage
                                                   
et

 la fougue de ses
vibrations

 et, de là, nous eûmes droit à un
splendide envol de canards sauvages …
                    et il m’a semblé alors t’entendre nous dire
:
                  « …Comme la vie l’est prodigieusement, je serai moi
aussi toujours là ! »
 
Je suis repartie confiante et pleinement apaisée vers l’autre RV de la journée en terre
gasconne,
       vers la lascivité de ruelles marchandes, aux parfums
du Sud et souvent riches d’une histoire millénaire,
       pour ce jour et, à maintes reprises, enveloppées de
délicieuses vapeurs de glycines          
                      et des rires de mes 2 princesses au regard
d’exception
                                             
mes 2 soleils
                                     
mes 2 plus jolies fleurs des îles
 

                                                    
mes 3 trésors
                                           
oh! combien je vous aime
                                                    démesurément
!  
                      
 

 

 

 

L’enfant du printemps

Depuis ton envol, je viens de remarquer que toutes mes pages étaient en écriture italique…sûrement
ont-t-elles pris elles aussi leur envol vers le rêve Rose flétrie 
                                                                          je
t’aime Coeur rouge :
maman
 
 
Début mars, aux premiers beaux rayons de lumière, nous t’avons imaginé un petit coin de paradis, au pied de notre
« druide centenaire », dont les fenêtres seraient toujours ouvertes au soleil, à la pluie et au vent !
 

 

                             je
ne trouve pas de rime à ces images, pas de noeud assez magnifiquement vaporeux, pas de pierre assez lourde….pour te dire notre amour !

Un coeur, plus qu’une gravure dans la terre, mais un vrai symbole : celui que chaque jour tu nous offres en signes
d’amour infini … plus infini que tes volcans et tes monts, plus infini que l’océan d’où tu aimais voir tomber le jour !

Gwendoline, quand tu contempleras ces images, sache que tu as occupé
chaque seconde de nos pensées cet après midi là… Yoann t’attend  près de ces pierres
 et ne mettra pas de frontière au temps Rose rouge

 

« je t’aime toujours très fort Coeur brisé  » : Cannelle.

 

Comme j’aimerais la voir des nuages…Pour l’instant, je ne fais que l’imaginer ! Mais que cette esquisse sera
belle, emplie de feuillage, de couleurs et de fleurs !


Arc-en-ciel

Elle avait la trempe des femmes du grand large, elle aimait le violon, vivre travailler et rire à en oublier le
sommeil et, par dessus tout …

  respirer le parfum des violettes !

Cette grande Dame s’appelait « Marie Joséphine Ranou » et était ton arrière grand mère ; la grand mère
maternelle que je n’ai jamais connue, envolée si jeune, et dont je n’ai que le chapelet, que ma tendre soeur Cathy me donna lorsque tu t’envolas à ton tour : il repose à tes côtés sous le
crépitement des feux de joie de la cheminée….mais, parfois, un irrésistible besoin me pousse à le prendre, souvent par grand vent de chagrin ou de doute .  Je le serre à en
épuiser mes forces et il me fait alors vaincre toutes les tempêtes !
Alors, quand Cécile et Jean, 2 adorables septagénaires qui vivent entre dessins et pigeons (j’en parlerai un
jour), m’ont proposé les violettes de leur jardin, je n’ai donc pas hésité un instant…ces toutes premières fleurs sur ton coeur t’étaient en quelque sorte destinées !
Enfant des volcans mais aussi, né un 23 avril,

« enfant du printemps »

je t’offre un jardin …celui de mon regard !
Et comme je l’ai déjà écrit dans « Voyages » … pour moi mots, images et musique forment les fleurs d’un même jardin
d’émotion, je t’invite à contempler toutes ces premières éclosions du printemps en les imaginant danser délicieusement, se balancer innocemment sous le vent de cette musique à la
fois caressante et sucrée comme le miel mais audacieuse comme la pluie …
Toutes les images qui vont venir éclore sur cette page sont bien sûr offertes aussi à tous les pèlerins et amis de
passage sur ce sentier de la toile…mais, aujourd’hui, j’aime à faire voler quelques pétales de plus vers un pèlerin qui foule, en ce moment même, le sol du Chemin !
Un pèlerin qui fit cet incroyable détour, dès son premier jour de marche, du Puy vers la belle Sumène pour prier aux
côtés de Yoann…

et la Sumène se souviendra sûrement toujours de cet incroyable hommage que tu lui rendis, de ce « coeur à coeur » qui a duré 2 jours, de la douceur de vos mots que
j’imagine, de la force et de la profondeur inqualifiables qui les enveloppa !
Alors, ces quelques splendeurs printanières, miracles d’éclosion parfois, sont bien minces présents comparés à ton
offrande, Philippe, mais je te les dédie quand même …
                       comme
je te dédie ce morceau de musique en hommage à la Sumène, pour la candeur de ses vibrations, le feutré de ses pas dans sa danse infiniment angélique …
 

D’explosions de bonheur

 aux premiers pas émouvants timides …

De jolies ailes en céréales qu’un beau matin une enfant inventa,
 aux simples bouquets de sable et de dunes blottis contre l’épaule de la brume …

 
De la prière d’une ombre songeant à un océan de fleurs,
à la nature qui exhausse tous les rêves …

 
Ou de ce petit vase offert à titre posthume afin de perpétuer le langage d’une terre vivante,
             hier vêtu de pétales tendresse aux reflets des
boutons d’or,
             aujourd’hui vêtu de pétales récitant à haute voix la
poésie du soleil…
 

… je t’offre une myriade de sourires naïfs …

splendide printemps ! 

 

 

 

                

…tes amies les tourterelles…

 

 

Après vous être approchés des tourterelles, je vous invite
à aller lire la splendide histoire du coeur mouillé se reflétant sur le sol de la Sumène, dans la Rubrique « Petits bonheurs » à la page intitulée « Renaître », et à découvrir d’autres coeurs encore
et encore, tous plus merveilleux les uns que les autres, sur l’Album de Noël 2008 « Vers les sucs enneigés »…Ce sont tous les cadeaux prestigieux que Yoann nous a laissés afin que nous puissions
cheminer radieusement sur cette nouvelle aube 2009 : merci mon ange, elle sera aussi douce et enchanteresse que la beauté de ton coeur !

  
                                 
                                                  
…tes amies les tourterelles …
  
 Vers
le pied du
 cerisier (notre druide centenaire)…voici nos deux amies ! Oh, c’est une vue de « rapaces » que je vous demande d’acquérir là
!
Mais, il est tellement difficile, même à pas de velours, de les approcher sans voir leurs jolies ailes s’enfuir. je ne possède malheureusement
pas de téléobjectif suffisamment professionnel, hélas !
 
Mais je sais que vous pouvez être observateurs ! Sur le sol, à l’endroit que je vous indique plus haut, on aperçoit « 2 infimes »
silhouettes , ces frêles esquisses à deviner ne sont autres que nos 2 charmantes tourterelles, campées sur le sol terreux, côte à côte …
Depuis quelques temps, elles élisent domicile souvent à l’heure du déjeuner …le temps d’une sieste, d’un songe, ou d’une pause souvenir peut
être …qui sait ? 
Et, elles demeurent ainsi parfaitement immobiles un long moment d’une heure ou deux, dans la fraicheur du sol hivernal, tout près…tout
contre et si près de notre ange !
 
Et, c’est encore et toujours à toi que je m’adresse, bel ange lumineux…toi qui affectionnais tant cet oiseau « la tourterelle », qui rime
si merveilleusement  bien avec le mot belle, mais aussi fidèle…ta recherche sans doute ?
Au début de l’adolescence, tu avais 2 tourterelles qui furent lâchées ici, dans ce même jardin, afin qu’elles goûtent à tout jamais à
la vraie liberté, sauvage et sans limite. Nous les croisions, souvent, rassurés de les trouver encore dans les parages…
 
…………..nous ne connaissons ma foi pas grand chose des 2 nouvelles amies qui viennent se poser à tes
côtés,
 mais elles ont fait de cet endroit où tu reposes, un lieu de RV désormais
!
Nous ne saurons jamais non plus de quoi viennent-elles s’imprégner …d’une vie ou d’une sérénité particulières, d’un silence qui murmure plus
fort à leurs oreilles, de mots de rires ou de cris qu’elles sont seules à entendre, d’une magie qui nous échappe, ou d’un bonheur de nulle part égalé …
                              mais
nous savons qu’elles te rendent à la fois plus présent et plus heureux
 !

…vers les lueurs du soleil couchant…

 

 

…vers les lueurs du soleil couchant …

  
Et je me plais à présent à écrire en rouge, comme je le fis en bleu dans la précédente nouvelle pour parler de ta rivière et de tes yeux…
le rouge de mes mots vont rappeler ici la chair tendre et lumineuse des cerises, quand joli panier à la main nous courrons vers toi pour aller les cueillir , rouge comme les coups de pinceau
abstraits dont le soleil pare le ciel lorsqu’il se couche…et que tu contempleras à présent chaque jour, rouge non pas comme la colère……..mais comme l’amour !
  
                                               ————————-Coeur rouge————————-
Avant que nous quittions ta terre d’Auvergne, Odette … »odette de la Sumène » (comme cela est joli et rime bien !) nous dit : « …De notre
fenêtre, on voit Eynac ! Ne vous inquiétez pas, nous veillerons sur votre petit… ».
Nous n’oublierons jamais ces mots…Pèlerin, ami, passant, je vous ai laissé, dans la précédente nouvelle, vers des monts en altitude et une
rivière enchanteresse près de qui Yoann rêve à tout jamais, et ce fut un divin voyage empli d’espérance et de merveilleux !!!
Je vous en offre un autre ….une autre partie de lui même, qui respire au pied d’un arbre à l’étrange silhouette, elle me ferait un peu penser
à celle d’un vieux druide à la barbe folle et enchevêtrée, et aux longs doigts effilés et pleins de rides…ces arbres centenaires, à les contempler, me donnent toujours beaucoup d’imagination,
comme ce cerisier dont je vous parle, isolé près d’un splendide rempart où jadis les vagues venaient cogner et où la faune parfois se pose, ne perdant rien du regard et captant le moindre
son de ce lieu magique que j’ai surnommé depuis longtemps « le Paradis des oiseaux » : notre jardin ! 
 
                                                                                                                                                                   ————-Rose flétrie————-
 
En revenant de ta terre en Auvergne, nous avions réappris le sens du mot respirer, et tu nous rappelas alors ton côté un peu
« trappeur » qui nous ravissait lorsque tu étais enfant !
Comme je l’ai décrit dans ma précédente nouvelle, une partie de toi a aussi aimé regarder Lola dormir, et c’est cette partie même
qu’on voulut libérer et on le fit de la même façon, avec le même plaisir qu’on ouvre toute grande une fenêtre ou la porte d’une cage…Alors, de la beauté d’un ange endormi tu
migras au pied de ce bel hirsute
  au charme centenaire …

 A
L’endroit à
nous t’avons déposé, sans le vouloir ni le savoir…les premiers rayons du soleil couchant se mirent à dessiner sur le sol un faisceau d’or et
de lumière !
  
Entre une cabane d’indien et une balançoire…les croassements fous des corbeaux et les grenouilles du marais dont les cris nous assourdissent
dès le printemps…tes yeux connaitront chaque jour l’humeur du soleil couchant !
 
C’est aussi l’endroit où tu aimais aller te retirer, sûrement parce qu’il est situé tout au fond du jardin.  Quant à la petite urne
d’où tu surveillais les rêves de notre ange Lola, elle n’a pas changé de place mais embaume aujourd’hui le romarin…de ce romarin odorant qui s’épanouit dans notre jardin et dont tu
prenais un savoureux plaisir à frotter les épines dans tes mains ! Merci de votre idée et de vos observations, Patrick et Lola !
 
6 novembre : chagrin lourd…les souvenirs commencent à arriver en flots, en lames de fond brusques et sournoises. Je viens te
déposer une rose « rose », et pleurer en abondance..
En revenant, j’aperçois alors de la terrasse des milliers de goélands survolant le ciel juste au dessus de notre « druide
centenaire », et leurs ailes
                scintillaient au soleil !!!
 
Depuis, nous avons enlevé du cerisier tout ce qui pourrait faire peur aux oiseaux et rempli les arbres de graisses et de friandises afin
qu’ils y trouvent vrai refuge et partage !
Depuis aussi, nous respectons ton bonheur et tes silences…
 Parfois, nous venons t’apporter petits bouquets ou jolies feuilles ramassées en chemin.
Mais, comme pour un enfant qui se repose …notre coeur ne vient
                             
que sur la pointe des pieds …..

Des senteurs de jasmin au chant fou d’une rivière

 

 

       Des senteurs de jasmin au chant fou d’une
rivière…

  
  
Dans la rubrique « Voyages », je t’avais composé ce gigantesque récit sur ta terre : la Haute
loire…
Consacrant à cette création toute mon ardeur et toutes mes forces, car je pressentais sûrement au plus
profond de mes entrailles un besoin en ton être de t’accrocher à des racines, à une identité !
Mais tu n’auras pas eu le temps de le lire car, le 23 octobre, très peu de temps après sa publication…Dieu
décida de te prendre sous son aile et tu t’envolas!
  
                 Alors
…nous t’y avons amené autrement : bon voyage !
 
Je n’ai pas vraiment trouvé la couleur qu’arbore ta rivière, la Sumène, dès le printemps..ni le bleu gris profond de
tes yeux …mais aujourd’hui j’aime à écrire en bleu en mémoire à ces 2 splendeurs : ta rivière et tes yeux !
                                       
————–Note————–
 
 C’était le 1er novembre, au tout petit petit matin…nous sommes partis, comme poussés par le vent puissant
d’un « appel », soufflant déjà depuis la veille ! Et, de la même façon que notre charmant « grand père du petit village de la Charrie » (dans la rubrique « Histoires ») qui parlait de son ruisseau en
plein vol…moi j’ai écrit, écrit, tout écrit en écoutant le va et vient des essuis glace, de la ponctualité d’une horloge ! C’est cette composition sauvage, qui m’a permis de conserver le cap,
que je vous livre à présent :
 
 « …depuis que nous avons tourné la clef dans notre serrure, il pleut à en perdre le souffle…comme pour tout
laver et tout faire renaître à nouveau ! 
Il pleut toujours lorsque mon coeur se tourne du
regard vers ces mots enchanteurs « …Lac de Vassivière.. », ton voyage de cet été « Evajoe et les mots », elle qui me surnomma hier « petite soeur »! Alors je sais que ce long mur de silence
que j’ai laissé entre nous, depuis l’envol de Yoann, n’est qu’un océan de mots secrets qu’elle  saura comprendre..comme tous ceux et toutes celles qui partagent, vivent et souffrent avec moi
ce même silence.
Et comme bizarrement, tout change, virevolte, à la façon étourdissante d’un caméléon fou, virant parfois le temps
d’un éclair d’une lueur d’aquarelle au vert le plus sombre!
Comme de cette chambre au doux parfum de jasmin où je fus si bien, aux froides esquisses dessinées sur le bitume
d’une route où c’est bien là, et là éperdument, que j’ai ressenti le plus grand désarroi!
Comme de cette euphorie du départ vers cette belle terre d’Auvergne, je ressens maintenant, à la minute où j’écris,
et au fur et à mesure que nous approchons des volcans .. »ce foudroyant rattachement à la chair », au point d’en regretter amèrement tes cendres et vouloir être ramenée à ton corps dans la terre
! Trop amer regret mêlé à une effroyable envie d’hurler, quand je sens soudainement ton petit corps posé sur mon ventre, grimpant l’ascenceur de la maternité…

Pardon, pardon pour mes convictions tout à coup bafouées, pardon pour mon manque de courage…et j’ai beau
m’agripper aux derniers récits héroïques face à la mort qui me furent contés, ou à la prière de Soeur Teresa …je souffre !
Alors que j’imaginais de la peur, du désespoir près de ton corps froid comme la burle..je n’ai éprouvé que
sérénité et bonheur à pouvoir te toucher encore. Alors que j’imaginais une joie intense à te ramener vers tes racines et te conduire vers cette belle et grande aventure que tu es venu nous
demander ..je n’éprouvais que douleur.
 
     Alors, je connais à présent la définition de la chose
la plus imprévisible :
                                              
« le chagrin »
 
Et il pleut de plus en plus, lorsque nous parvenons à la chaîne des volcans, engloutis dans la brume et sous un
ciel gris, comme lourd de chagrin « …Non! Ne soyez pas tristes vous non plus, par pitié, il vous regarde…! » Il pleut toujours à l’entrée de la Haute Loire…juste un peu avant St Georges
d’Aurac, nous entrons dans nos senteurs familières de bétail. Quelques fermes se dessinent avec leurs larges pierres..je n’ai jamais autant fait attention aux détails, comme si je ne voulais
rien te faire perdre du paysage, mon coeur !
Mais il pleut encore et toujours, le vert tendre des prés m’enchante toujours autant. On distingue à peine les
sucs, tant pluie et brouillard s’accordent dans leurs pas de danse en rondes infernales….Et, à hauteur de Fix St Geneys (1116 m d’altitude), je m’adresse à Marie et à Dieu de la petite église
de Boussoulet, pour leur demander que tu ouvres grand, tout grand les yeux et regarde ta terre : le ciel n’est plus lisse mais « grappé de nuages », il a soudain du caractère ! Comme des
senteurs de pommes enbaument la voiture, fenêtres closes, et devant c’est …grand, c’est beau, c’est clair, en dépit de la pluie : « Montagne-fleur » qui éclot sur
une toile aux couleurs d’hiver…merci de lui rendre cet hommage!
« 
Après la découpe féérique de la Tour de Polignac,  ce sera au tour de la sublime « Vierge du Puy » tenant son
enfant dans les bras (et c’est souvent dans cette pose, Marie, la plus romantique qu’une mère puisse avoir, que je t’imagine lorsque je prie…et peut être un peu aussi parce que c’est
précisément cette autre découpe fantastique dans le ciel que nous regardions, mon fils et moi, des grandes fenêtres de la maternité…). Et c’est pourquoi je sais aussi que tu le protèges à
tout jamais! Et je te demande à présent, en te voyant, de faire revenir les battements de mon coeur qui, l’espace d’un souvenir, m’ont semblé s’arrêter ! « …Fais moi reprendre vie, Marie, et
ne me laisse pas à ce point défaillir…! » Et mon coeur continue lentement, comme en procession, à traverser la ville du Puy, là où, un 23 avril 1983 à 15 h, tu poussas ton 1er cri et la neige
se mit alors à tomber, comme surgie d’un conte de fée !

Je ne pensais pas qu’il me serait si dur d’approcher ces instants …mais je le fais par amour : amour d’une
mère ! Peut être demain, après avoir répandu tes cendres près de ta rivière, je me sentirai délivrée…en sachant que cette partie de toi respirera toutes les saisons d’un pays où, depuis si
longtemps, nous t’invitions à venir. Mais, tu étais sans doute fait de ce bois : solitaire et en perpétuelle contradiction !
Pour l’instant, le temps n’aide pas aux retrouvailles…il pleut sempiternellement ! Alors, peut être aurait-il
fallu attendre un beau manteau de neige, ou la lumière du printemps, plutôt que ces violentes giclées de pluie …! » (Fin des 1ers écrits composés lors du voyage)
C’est au coeur de l’après midi que nous parviendrons chez Odette et Jean, du petit camping rural de la Sumène,
notre port d’attache depuis maintenant 10 ans !
  un bonheur simple, de la tendresse, et de l’écoute…
  c’est toujours ce que nous y avons trouvé !
 
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Odette a l’habitude de « préparer », avec 5 enfants et nombreux petits enfants (dont j’ai encore oublié le nombre
à ce jour !) et leur charmante demeure accueillant aussi les pèlerins ! (mais j’en parle déjà dans mes écrits consacrés à la Haute Loire).
Odette a également l’habitude de gérer les multiples taquineries des « 2 enfants espiègles » que constituent Jean
et Lola lorsqu’ils se retrouvent ensemble ! Lola fut en tout cas si heureuse de retrouver ceux qu’elle côtoie depuis l’âge de 2 ans et considère comme « ses grands parents spirituels » !
Gwendoline quant à elle n’a pas souhaité venir.
 
Durant toute la nuit, la tempête fit rage créant de forts bruissements un peu partout : derrière les
volets, entre le feuillage …Et, un peu anxieuse, je veillai d’un oeil en me demandant si le matin qui naitrait nous offrirait bien un moment pour aller éparpiller tes
cendres aux côtés de ta rivière ! Mais il y avait amplement de quoi douter!
Or, l’heure venue, avait-il percé nos pensées…le ciel se dégagea, retint soudainement toute la
pluie, et nous invita à partir vers la belle Sumène ! Et, nous emportèrent au passage deux merveilleux cadeaux : la prière Qu’Odette venait de nous remettre et que je citerai
tout à l’heure, et le magnifique bouquet de chrysanthèmes que Jean nous cueillit de son jardin…

 
DSCF3706DSCF3711DSCF3707      DSCF3709 nous savons que tu aimeras regarder les grottes qui surplombent magnifiquement la
maison où tu es né, tout en t’ennivrant …du chant fou de ta rivière !
 
Te contemplant étendu dans la fraîcheur de l’herbe, près de laquelle coule ta rivière, en ce
jour déferlante, nous récitons alors la prière de Soeur Térésa …et des mots inscrits sur un petit bout de papier que nous confia Odette, mots plus issus de nous que si nous les
avions nous même écrits : la prière du Père André Sève, Assomptionniste…(infiniment, gigantesquement merci Odette!)
                                               
Tu es vivant
Tu ne parles plus mais tu es vivant
Tu ne bouges plus mais tu es vivant.
Tu ne souris plus mais en arrière de tes yeux
tu me regardes.
De très loin ? Peut être de très près,
je ne sais rien de ces distances.
Je ne sais plus rien de toi, mais tu sais maintenant
davantage de choses sur moi.
Tu es en Dieu.
Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire
mais sûrement ce que tu voulais
et ce que je veux pour toi.
Je le crois. Toute ma foi, je la rassemble.
Elle est maintenant mon seul lien avec toi.
Jésus, donne-moi de croire à ta victoire sur la mort
Celui que j’aime veut entrer dans ta joie.
S’il n’est pas prêt, je te prie pour lui.
Achève sa préparation.
Pardonne-lui comme tu sais pardonner.
Aide-moi à vivre sans sa voix, sans ses yeux,
Que je ne le déçoive pas maintenant
qu’il va me voir vivre et m’attendre.
et, alors que nous nous apprêtions à repartir… de la
grisaille :voici la merveilleuse lumière qui apparut !

 
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Alors nous repartîmes, comme la rivière …déferlants de bonheur !
 
Nous reprîmes nos bagages le lendemain matin : lundi 3 novembre.
Mais, auparavant, Odette et Jean ne voulurent pas nous laisser repartir sans aller avec nous te rendre
visite ! Alors, nous allâmes tous les cinq à ta rencontre, bras dessus bras dessous, Patrick ayant pris soin d’emporter du bon fil de fer de l’atelier de Jean, afin
de mieux fixer à l’arbre le bouquet de chrysanthèmes.
 
Et, une fois de plus, après nous être recueillis et au moment de nous apprêter à quitter les lieux ,
gris comme la veille…
                         
voici encore la merveilleuse lumière qui nous inonda !
Alors Odette me dit ceci : »…je le crois maintenant, votre petit nous dit qu’il est
heureux…! »
 
DSCF3722DSCF3723 nous pouvons repartir
heureux !
 
La veille (le dimanche), Lola remarqua que ,près du
chemin « du moulin d’Eynac« , là où tu reposes à présent en paix, la coquille du chemin de Compostelle
surplombe la rivière !
                
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Pélerin de compostelle, simple passant ou ami …
 
Quand tu parviendras à cette coquille, tu pourras continuer tout droit devant toi par la route goudronnée jusqu’au petit pont vers
TOURNECOL, puis ST GERMAIN LAPRADE et LE PUY.
 
Mais si, auparavant, tu voulais aller lui parler, lui rendre hommage ou tout simplement « prier »,
descends en contrebas, juste avant l’arbre de la coquille, par ta droite…vers le « moulin d’Eynac », et chemines par le sentier le long de la
Sumène, comme le montre le 2ème cliché et arrêtes toi devant cette jolie courbe formée d’herbe verte accolée à la rivière (3ème cliché).
 
Pèlerin de Compostelle, passant ou ami….si, par mégarde, tu craignais de te perdre, tu peux aller voir Odette et Jean, au camping rural de la
Sumène, qui t’y amèneront !
Extrait de la 2nde partie des écrits composés durant le voyage :

« …devant nous, monts ocres et quelques éoliennes se reflètent dans le miroir étincelant que forme une
longue chaine de nuages . Nous avons dépassé le Col de Fix St Geneys, le coeur léger, comme délivré, purifié d’avoir laissé une âme plus aérienne que le vent, délivrée et purifiée à son
tour ! Nous repartons avec la lumière et les découpes du soleil…On a l’impression que tu nous dis : « …C’est cet endroit que j’attendais pour ouvrir mon âme à Dieu et à la lumière
des cieux : vous pouvez me laisser à présent et repartir en paix…! »
 
   …une partie de toi est à présent là, près de ta rivière pour qui tu trépignais
d’impatience lorsque tu étais petit, et en sera bercée chaque jour…
… pendant qu’une autre est restée dans le creux de nos pierres, à écouter le crépitement du
feu dans la cheminée…
…et qu’une autre encore, après avoir pris plaisir à regarder Lola dormir chaque soir, contemple
à présent les magnifiques lueurs du soleil couchant
                                              
…et cela fait encore partie d’un autre voyage, d’une autre « nouvelle » que je m’empresse de conter prochainement !  A Bientôt…avec toi.

…déjà inondés de ta lumière …

 

 

       …déjà inondés de ta lumière …

  
Depuis mon message d’espoir du dimanche 23 novembre, et surtout la révélation extraordinaire de « Nicole » sur mon Livre
d’Or peu après… mon coeur se remet à croire en l’intense présence de Yoann dans l’idéal qu’il nous projette !
Et je revis de sa lumière qui rayonne sur mes jours et en moi !
Lola et Patrick n’ont cessé d’y croire depuis le 1er jour. Ce ne fut pas tant ma foi qui partit à la dérive, mais
plutôt un sentiment « charnel » agrippé à mon être !
 
Et pourtant…je vais à présent vous raconter toute son histoire, depuis son envol vers ce paradis d’où il nous regarde,
et vous vous rendrez compte à quel point déjà je ne pouvais que croire en lui et aux splendides lueurs de son âme !
 
                                                          
——————Arc-en-ciel——————-
 
Dès notre arrivée aux Pompes Funèbres de « Brax », nous ignorions quelles seraient nos réactions face au lit où
nous attendait Yoann, avec impatience ! Je parle d’impatience car c’est sans nul doute ce sentiment (le sien) qui suscita chez nous 3 un tel « enthousiasme » au moment de quitter la maison. Malgré
ma facilité à trouver les mots, je ne puis là en trouver d’assez beaux, radieux et émouvants pour décrire la manière dont notre « Marie Claude » nous acceuillit et nous amena vers Yoann ! Et, comme
elle dit, elle aurait pu le mettre n’importe où mais, par un fulgurant hasard (qui n’est pas un hasard), elle choisit la chambre nommée « Jasmin »…comme notre fleur préférée, comme
l’arbre semé dans le petit bout de terre de notre terrasse, qui escalade nos pierres et qui, mêlé aux senteurs de menthe sauvage, embaume toute notre maison dès le printemps.
DSCF1690 1-10 juillet08-Départ pour CONDOM..grand frère je t'aime! D ‘un effroyable amas de tôle…ce joli pull blanc sortit
« indemne ». Le garagiste, paraît-il, s’en souvenait et ne comprenait pas ! C’est son « histoire » qui l’emporta sur le reste, car il a en effet …….une superbe histoire !
 
Sur la 1ère photo (prise au Noël dernier), nous venions tout juste de lui offrir, et il le mit aussitôt avant
d’entrer dans ce petit troquet (d’où nous le voyons là sortir heureux) après avoir dégusté d’authentiques chocolats italiens, aux saveurs divines, dans de longs mazagrans et dans un décor très
« cave aux poètes » !
Sur la 2nde photo (prise en juillet dernier) il nous accompagne sur le quai de gare où le train nous mena à Agen,
d’où nous reprîmes ensuite nos pas de Condom jusqu’à Burgos… ce fut notre avant-dernier contact avec lui : on ne pouvait mieux choisir !!! Quant au tout dernier, il eut lieu sur son nuage de
jasmin en nuées douces et paisibles…où nous avons passé tant de temps à l’embrasser, lui parler et même rire à ses côtés, et comme nous fûmes si heureux, si bien ensemble !
Il était bien sûr enveloppé de son joli pull blanc …blanc comme la pureté de l’enfance, blanc comme les 1ers beaux
flocons de neige qui tombèrent dès les 1ères minutes de sa naissance …blanc comme la couleur dans laquelle j’aimais tellement le voir !

Et, je l’ai déjà dit, je sais, dans mon message d’espoir, son visage était d’une candeur et d’une sérénité sans
pareil. Et, c’est sans doute pour cette raison, et la seule, que nous sommes tous trois sortis de sa chambre…incroyablement sereins, presque joyeux, comme « apaisés de ses propres
souffrances », que nous vivions nous aussi, en partage avec lui, depuis un an !
 
Consternés toutefois par nos réactions, nous en fîmes part aussitôt à notre chère « Marie Claude »
qui a immédiatement trouvé l’explication, pour elle …évidente ! Elle qui se destine également, dans un proche avenir, à mêler ses pas à celui de St Jacques…
Nous avions déjà un peu échangé des mots auparavant avec elle et, elle nous répondit
ceci
 : « …c’est Yoann qui, inconsciemment, vous a amené vers le Chemin de Compostelle, afin qu’aujourd’hui vous
puissiez avoir une telle foi et une telle paix » !

Tout aussi consternés par cette réponse …nous entrèrent alors dans une profonde réflexion , et puis,
soudainement …………nous nous sommes alors souvenus de ce livre
 
lemonnier  Il nous l’offrit il y a environ 4 ans, car on en parlait déjà un peu …de notre chemin de Compostelle!
Alors il trouva ce livre et nous en fit cadeau …et quel cadeau ! puisqu’il s’agit de la version la plus
primitive du Chemin et contée par un voyageur également aux instincts des plus primitifs, j’ai nommé « Philippe Lemonnier ».
Et durant le même nombre d’années, donc environ 4 ans… ce livre m’a pratiquement suivi de partout. Il a été,
en quelque sorte : l’amorce de notre projet …celle d’un extraordinaire « feu d’artifice » !
                     
…….Oh! combien tu avais raison , Marie Claude ..et combien nous te remercions Yoann, mon ange !
 
Et de combien de remerciements notre coeur regorge à ce jour, envers tous ceux et toutes celles qui accompagnèrent
Yoann vers ces cieux délicieux !
Alors merci à toi, ma famille, la « vraie » (car je parlerai, tout à l’heure, d’une « soeur spirituelle »!)…merci
donc à toi grande soeur, celle de chair et de sang, et à ton petit « nid » qui fut là aussi dans toute son infinie tendresse ! Et une famille, « sa » famille, est bien celle dont le coeur
est sans superflu…celle dont le coeur sera capable d’oublier ses propres émotions pour se mettre en totale symbiose avec les nôtres. Et c’est pour toutes ces raisons que vous furent un
cadeau précieux, par votre présence le jour de cette belle cérémonie, cadeau et divine épaule sur laquelle nous avons pu nous reposer!Une famille est en cela la chose la plus précieuse,
mais, de la même manière qu’un bâton de berger …elle ne se fait force et secours que lorsqu’en nous tout est épuisé !

Merci à toi, Marie la pèlerine, qui se déplaça de Nantes et fut là aussi, du haut de tes … »1m57″(excuse moi du
peu de cms que j’aurai oubliés !), mais aussi « grande » que sur le chemin, où l’on te rencontra du Puy à Figeac…
Merci au Père Pascal, âgé de 86 ans, également natif de la même terre que Yoann, et qui nous créa un discours
aussi vivifiant qu’un superbe halo de verdure !
Merci à ce cher Capitaine, dont je tairais le nom par discrétion, qui me tendit avec une infinie sincérité
bordée d’affection…son cadeau à lui : souvenir d’un pèlerinage qu’il fit lui même et qu’il me remit en fin de cérémonie. Le voici en image
 
livre du capitaine delobel Ce petit livre, surtout fait de prières, décrit le déroulement du 47ème Pèlerinage Militaire International à
Lourdes.
Yoann n’oubliera sûrement jamais l’honneur que vous lui fîtes alors…Quant à moi, je le garderai
toujours !

Merci également à tous ceux et toutes celles, absents corporellement mais tellement présents par l’ardeur de
leurs prières, qu’ils ont su porter notre courage jusqu’au ciel, en extirpant nos pleurs ! Et merci à toi tout particulièrement « Evajoe et les mots » ou « frangine spirituelle » dont
je parlais tout à l’heure qui, à l’annonce de l’évènement, a aussitôt quitté maison et famille pour s’enfuir à des kms de chez elle et effectuer une retraite de prière !
Merci enfin à tous ceux et toutes celles qui sont venus par la suite déposer près de lui , sur un coin de
notre cheminée :  « un morceau de leur coeur » ! Une partie de lui s’y reflète à présent et pour toujours……………merci, du plus intime et du plus profond de nous même !
 
Un soir que nous étions abattus, nous avons empoigné ce petit livre si cher à nos coeurs, Capitaine, et
l’avons ouvert au hasard….voici la prière qui s’inscrivit alors devant nos yeux :
         PRIERE
DE BIENHEUREUSE MERE TERESA

  
           Seigneur, quand je suis affamé,
    donne-moi quelqu’un qui ait besoin de nourriture.
                   Quand j’ai
soif,
        envoie-moi quelqu’un qui ait besoin d’eau.
  
                   Quand j’ai
froid,
          envoie-moi quelqu’un à réchauffer.
                  Quand je suis
blessé,
            donne-moi quelqu’un à consoler.
  
            Quand ma croix devient lourde,
     donne-moi la croix d’un autre à partager.
                 Quand je suis pauvre,
        conduis-moi à quelqu’un dans le besoin.
  
               Quand je n’ai pas de temps,
    donne-moi quelqu’un que je puisse aider un instant.
                Quand je suis humilié,
    donne-moi quelqu’un dont j’aurai à faire l’éloge.
  
                  Quand je suis
découragé,
            envoie-moi quelqu’un à encourager.
     Quand j’ai besoin de la compréhension des autres,
       donne-moi quelqu’un qui ait besoin de la mienne.
  
       Quand j’ai besoin qu’on prenne soin de moi,
    envoie-moi quelqu’un dont j’aurai à prendre soin.
                Quand je ne pense qu’à
moi,
               tourne mes pensées vers
autrui.
     


Message d’espoir

 

 

  Soleil    Message d’espoir    Soleil

 
 Etrangement, je regardais hier (samedi 22 novembre) un reportage sur « Animaux », aux séances toujours
éblouissantes de beauté par leurs éclats de vie et de réalisme ! Et j’écoutais ainsi l’histoire d’une maman singe protégeant son petit venant de voir le jour mais né avant terme. Je les
revois encore l’un et l’autre, elle si menue, si frêle et lui s’agrippant et se blottissant contre elle de toutes ses forces. Pour leurs premières heures de vie ensemble, ils dûrent affronter une
nuit de grand orage, froide et dévastatrice! Il tint le coup ce petit bonhomme, fort sans doute de l’amour protecteur de sa mère. Mais, au petit jour, le destin en décida autrement …
n’aurait-il peut être pas eu suffisamment de santé pour poursuivre son chemin par la suite : il demeurait, sans vie, contre le ventre de sa mère !
Je me souviens surtout des mots de celle qui commentait …et elle dit que, parfois, dans pareille tragédie, certaines
mères gardèrent ainsi pendant des mois leur petit sans vie contre elle, sans pouvoir s’en séparer !
 
C’est alors que je compris le plus brutalement du monde ce qui venait de m’arriver tous ces jours-ci, je venais à
l’instant de comprendre mes instints, ma douleur et mon besoin !
Aussi…Amis, Pèlerins, ou simple passant…je te demande de me pardonner de ne plus avoir trouvé la force de t’écrire,
comme je n’avais plus la force ni de regarder les lueurs du  jour, ni de marcher plus loin, ni …d’aimer davantage !
Aveugle et sourde, j’étais comme toutes ces mères qui ne pouvaient vivre sans « la chair de leur petit » … dans une
sorte de sphère effroyablement embuée et cruelle comme l’étau qui se resserre ! Tel un soleil qui point à l’horizon, je commence à peine à réfléchir ..à réagir !

Mais, déjà un peu avant cela, j’avais compris que quelque chose en moi se passait , quelque chose d’inhabituel avec
les derniers jours passés …et c’est en regardant « Burning Man » (sur « Voyage » cette fois) qu’entre mes yeux et mon coeur s’est alors tracée une émotion hors dimensionnelle, à l’image
de ce désert du Névada où des dizaines de milliers de personnes viennent chaque année exprimer leur utopie, dans un grand festival musical irréellement bariolé, et ils le font de la façon la
plus spirituelle et la plus insolite qui soit au monde …c’est magistral !
Et, au coeur de ces créations, il y a ..David Best et son temple ! je ne sais combien il peut faire de hauteur, mais
il contient assez d’espace et de volume pour abriter les souffrances et les espérances du monde entier, puisque c’est précisément là que tous les burners viennent par millier se réunir
pour un recueillement, une réponse, ou déposer leur message pour un monde meilleur ou …à un être cher disparu ! David Best est là pour les écouter, les accompagner comme il accompagna cette
jeune dame au regard mouillé qui voulut déposer à un endroit bien précis du temple, assez surélevé, quelques mots sur feuille 21×29.7….: mots, dessins, histoires, poèmes, ou belles
images, comme ceux dont nous avons recouvert le corps de Yoann, et qui fit naître à l’intérieur de nous la force vive et sereine d’une délivrance, comme sur le visage de cette jeune dame et
sûrement tant d’autres !
Lors du discours, d’une intensité sans pareil, un homme en pleurs se tenait face à David Best, son fils s’était
suicidé. Alors David Best lui dit « …tu trouveras la force, un jour tu la trouveras, je t’assure ! » et il ajouta, en parlant de lui même, « …car l’homme qui se tient devant toi a perdu son
fils dans un accident de voiture »! C’est alors que nos 3 regards (le mien mêlé à celui de Patrick et Lola) se croisèrent et se figèrent comme dans un incroyable chaos …coïncidence
fulgurante ou signal lumineux du Ciel pour nous dire « …Conservez cap et courage, il y a encore des choses fantastiques à accomplir » ! Comme, par ex.,
 ce temple monumental tout en cartons que David Best ramassa, entre autres, dans les rues d’Amérique, symbolisant
ainsi la misère de ce pays où tant d’hommes vivent et meurent dans ces cartons !
Je suis entrain de m’apercevoir « distraitement » que nous sommes le « 23 » novembre …il y a donc un mois, jour pour
jour, que tu t’envolais mon Yoann vers ce bel ailleurs, encore inconnu de nous, je parle de beauté, oui, car ton visage avait déjà les traits lisses et purs d’un ange et il exprimait une
incroyable paix ! Et c’est précisément aujourd’hui,  en ce 23 novembre, que je retrouve moi aussi un peu de paix intérieure qui me donne le coeur et la force de me remettre à
l’ouvrage dans ce qui est ma thérapie parfois, ma seconde nature toujours : l’écriture ! Et dire que j’avais peur de plus jamais savoir écrire, mais, avec toi comme muse …comment
ne pas trouver dans chaque mot le sublime et le merveilleux ! Mes mots sont bien le reflet de ton âme !
 
Durant les pires agonies, je crois à présent au prodigieux de l’inexplicable, comme je parlais tout à l’heure de
signaux lumineux du Ciel …car, même si peu d’éclairs sont venus m’extirper de l’obscurité, il y en a quand même eu quelques uns : une adresse e-mail que j’ai retrouvée par miracle.. une
personne que j’avais durement refoulée et qui, malgré tout, a cherché à comprendre.. un coup de fil des plus inattendus…et ce sont toutes ces personnes qui ont, de surcroît, eu
dans leurs mots la sincérité et la luminosité dont j’avais juste besoin !
Alors aujourd’hui, j’aime à croire que tout peut renaître de ses cendres comme ce temple du Nevada qui brûlera aussi
comme les autres symboles de « Burning Man », et que je dois m’efforcer à suivre, pour le restant de mes jours, une lumière trop belle, trop authentique et trop pure pour trouver un jardin sur
terre …la tienne Yoann, en essayant justement d’oublier mes instincts d’animal sauvage !
 
Je te le promets, mon ange, que j’y parviendrai…même si cela doit prendre du temps : le temps que l’ardeur
renaisse de l’épuisement..que l’espoir renaisse de la douleur !
Comme je t’avais promis que je parlerai de toi au monde entier, afin que ce monde entier pense à toi et t’inonde
de son amitié ……..et je le fais aujourd’hui !
 
                                                                                
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