Coco le corbeau

Sur le chemin de notre marais à grenouilles, reprenant les pas de nos probables druides cueilleurs de
gui, je n’eus pas d’autre envie en ce dimanche après-midi que de me réjouir des ébats de Cannelle … Et c’est donc bien la toute 1ère fois que je laissai mon numérique au placard,
alors que notre chère peupleraie n’était qu’un tapis de boutons d’or allant jusqu’à l’écluse…jamais vu pareille splendeur : on se serait cru dans un film de sciences fiction !  Bien sûr
que j’ai râlé, j’ai même franchement « grommelé » en mon for intérieur !
  
Et maugréé d’autant plus …
     qu’une rencontre extraordinaire nous y
attendait
!
 
Quelques bons mètres avant l’écluse, longeant l’Enett entre tourbe et hautes
herbes, Patrick remarqua à quelques pas devant nous … un corbeau ne parvenant pas à voler ! Il alla à sa rencontre d’une allure aussi ouatée que rapide et ne
mit pas longtemps à le blottir entre ses mains…et un peu comme ce petit oiseau qui était venu se poser sur le rebord intérieur de notre fenêtre (vous vous en souvenez ?), à aucun moment notre
jeune corbeau ne manifesta le moindre signe d’épouvante ni battement de coeur intempestif !
 
On l’appela « Coco » en souvenir du couple de corbeaux que Patrick éleva enfant, et
qui constituèrent ses plus fidèles compagnons de jeux avec un épervier et une pie.
                               
…Alors « Coco »
 
Bienvenue au Bouil !
 
En attendant qu’il reprenne des forces et puisse prendre son envol, vite….hâtons-nous de
lui aménager un lit le plus agréable possible !
 
Il sera tout d’abord placé dans un abri de fortune, le temps que la porte d’une ancienne cage à lapin
se construise…
 

 
L’aménagement se fait sous l’oeil concerné de Cannelle , en prenant bien soin de jouer de la perceuse en « douceur » de façon à ne pas effrayer notre petit protégé …!
 

 
Il ne manque plus ….qu’un peu de pain trempé dans de l’eau, quelques petits morceaux de viande et,
en guise de paille, une bonne couverture !
 
 

 

Qu’en penses-tu, bel oiseau au regard de braise ? Un peu contrarié au départ…il nous fit
entendre un joli piaillement !

Allez …une petite sieste ?
 
 
 
 
L’apprentissage de la nourriture se fit relativement sans difficulté …
 

 

Et, finalement, voici une becquée …pas trop mal réussie !

Il repartit quelques instants dans son antre, sous l’oeil de …
                              
2 admirateurs ou 2 gourmets ?

 

Au bout du compte, lequel des deux, du maître ou de l’oiseau, craquera pour…un irrésistible
câlin ? Je pencherai indiscutablement pour 
                                                      
le maître !
 
 

 
 

 
« …à défaut d’une vraie proie, un peu de graisse de barbecue fera l’affaire » :
                                
un chat alléché !
 

 
 Le lendemain, alors que notre corbeau venait d’avaler un copieux repas,
amoureusement administré par son maître et que, confortablement attablés l’un l’autre, ils s’entretenaient joyeusement …un croassement survint des peupliers (ceux qui nous enchantent chaque
jour, face à notre terrasse) …
               Patrick vit
alors….comment pourrait-on dire ? ses premiers pas ?
Oui , je le sais, on ne peut le dire que pour un enfant…mais ce serait si tendre de continuer à
l’employer ici !
L’oiseau, sous les yeux à la fois surpris et émerveillés de son protecteur, prit une position d’envol,
et , tout en soulevant les pattes, déployant les ailes et …la queue …
                                  
il  s’envola !
Avant de s’envoler, il s’était retourné vers Patrick en poussant un cri …sans doute sa façon de lui
dire au revoir …
 
 Il alla rejoindre le corbeau qui tout à l’heure l’appelait, et ils entamèrent tous deux une
magnifique valse durant une bonne partie de la matinée. Puis, ils restèrent dans le bois…
On reconnaît « Coco » à son vol encore mal assuré …et, nous l’avons reconnu ce soir, durant le
temps de notre souper, se promenant autour des peupliers !
 
On ne saura jamais ce qu’a bien pu lui dire l’autre corbeau, celui (ou celle) qui lança un message à
Coco, ce lundi matin où il décida de prendre hardiement son envol…
      on pourrait supposer qu’il s’agisse de sa maman, par exemple
!
On pourrait également supposer qu’elle lui ait dit comment voler et, notamment, qu’il
lui fallait nécessairement déployer la queue pour y parvenir.  Patrick observa, en effet, que l’oiseau déployait ses ailes mais non la queue ; détail qui l’empêchait sûrement de voler
correctement.
 
Le dernier chapitre de cette magnifique histoire me fut donc raconté lundi, au retour de ma journée de
travail, par Patrick. Bien sûr, cette fin me fascina autant qu’elle me chagrina profondément et « égoïstement », m’étant infiniment attachée à la
présence, néammoins si courte, de cet oiseau. Infiniment n’est même pas le terme approprié, je devrais plutôt dire … »mystèrieusement » !
 Oui, je crois m’être attaché au mystère dont tout son être était
magiquement imprégné !
 
Cette rencontre, cette aventure, ….appelez la comme vous en aurez envie…, je devais vous la faire
partager dimanche. Des problèmes techniques sur le blog au niveau du téléchargement des photos m’ont empêchée de le faire, et peut-être ….
                            fort 
heureusement !
 
Sans rien connaître de la conclusion, vous vous seriez sûrement attaché à cet oiseau autant que moi
et, comme je le fis moi-même …
mis encore plus de nostalgie par la suite dans votre coeur !
 
Mais, la seule vérité qui doit à présent surgir de notre esprit est la suivante …
      Que serait-il advenu de notre adorable corbeau, sans cette intervention
h
umaine ?
 
                      …et la réponse à
elle seule suffit
                                   
à me combler de bonheur !
                             Au
prochain …battement d’aile !
 
 

7 réflexions sur « Coco le corbeau »

  1. EvaJoe Des mots – 18 Mai Oh c’est trop beau petite soeur des mots, oui heureusement que tu n’as pu afficher tes photos, mais dans un sens c’est tellement mieux ainsi qu’il soit repartis vivre avec
    les siens .Il n’en sera que plus heureux sois en certaine.

    bONNE NUIT MA TITE SOEUR

    EvaJoe

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  2. Philippe P – 19 Mai Une belle histoire qui fini bien, dommage que ce soit si court et que COCO ne resta pas plus longtemps, pour autant l’aménagement de son nid est remarquable et Patrick est
    vraiment doué dans le maniement des outils….Sans doute que sans intervention humaine Coco ne serait plus la…
    Belle journée.

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  3. Nicole crouzillac – 20 Mai Magique cette histoire.
    Patrick attire les animaux, bravo, car sans toi je ne dis pas la fin……
    Nous aussi de temps en temps des bébés oiseaux se tapissent dans notre jardin. Je ne touche pas (il n’y a pas trop de chats) et
    le soir, ils ont disparu. Je pense toujours que leur mamans les ont récupérés.
    Bravo pour le maniement des outils. On sent le « BRICOLEUR »

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  4. Superbe histoire d’une rencontre qui aurait pu ne pas se faire. En effet, l’humain peut parfois se montrer utile au règne animal (et ce fut le cas ici), mais ce sont toujours des histoires
    ponctuelles, des histoires brèves et éphémères. Sur ce, à mon tour, d’un battement d’aile, je me retire, pour aller mettre les liens vers ces deux parties d’un même récit sur mon blog. Gros
    bisous Sabine. Vincent a peint le champ aux corbeaux et toi tu nous racontes le nouveau chant du corbeau. Marie

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  5. J’ai apprécié cette bien belle histoire et tous ces soins prodigués, magnifique ! Nous avons des aamis qui avianrt une pie dans le jardin très familiere mais qui avait tendance à piquer du bec !

    Nous avions recueilli un calopsyte fugueur, Zéphyr,  qui après plusieurs fugues s’est envolé, n’a pas su revenir et je l’ai bien regretté, il y a tant de prédateurs et puis la nature est
    hostile pour ce genre d’oiseau…

    Bonne journée Sabine

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  6. merci Sabine ,c’est une très belle histoire émouvante , les corbeaux sont de gros oiseaux après , nous c’est un merle qui est resté toute sa vie chez nous , il avait une tache blanche sous le cou
    , et on lui parlait comme à un chat ou chien !   merci  bon AM  A+   bises

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  7. Quelle  belle  histoire  , ily a  des  rencontres  qui doivent  se  faire  , c’était  son destin , heureux  coco !

    Sortir  sans  son apn … à ne  pas  faire  …on le  regrette  toujours !

    J’aime

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